# Peut-on demander un deuxième crédit en cours de remboursement ?
La question de cumuler plusieurs emprunts simultanément se pose fréquemment dans un contexte où les projets de vie se multiplient et se chevauchent. Que ce soit pour financer un investissement locatif tout en remboursant sa résidence principale, pour réaliser des travaux d’envergure ou pour acheter un véhicule nécessaire à l’activité professionnelle, nombreux sont les emprunteurs qui envisagent de souscrire un nouveau crédit alors qu’un premier est toujours en cours de remboursement. Cette situation, loin d’être exceptionnelle, concerne environ 30% des ménages français disposant d’au moins un crédit actif. Les établissements bancaires appliquent des critères précis pour évaluer la faisabilité d’un tel cumul, et il existe un cadre réglementaire strict qui encadre ces opérations. Comprendre ces mécanismes vous permettra d’optimiser vos chances d’obtenir un financement supplémentaire tout en préservant votre équilibre financier.
## Le cadre réglementaire du cumul de crédits en France
Le système bancaire français n’interdit pas formellement le cumul de plusieurs crédits simultanés. Aucune disposition légale ne limite le nombre d’emprunts qu’un particulier peut détenir au même moment. Cette liberté contractuelle reste toutefois encadrée par des règles prudentielles destinées à protéger à la fois l’emprunteur contre le surendettement et l’établissement prêteur contre le risque de défaut de paiement. Le Code de la consommation impose notamment des obligations d’information et de vérification à la charge des organismes de crédit, qui doivent s’assurer de la solvabilité de leurs clients avant d’accorder tout nouveau financement. Cette approche vise à garantir un équilibre entre l’accès au crédit et la prévention des situations financières critiques.
### Les dispositions du Code de la consommation sur le multi-emprunt
Les articles L.312-1 et suivants du Code de la consommation établissent le cadre juridique applicable aux crédits à la consommation, tandis que les articles L.313-1 et suivants régissent les crédits immobiliers. Ces textes imposent aux prêteurs une obligation de vérification de la solvabilité de l’emprunteur avant toute attribution de crédit. Cette vérification doit être renouvelée à chaque nouvelle demande, même si vous entretenez déjà une relation bancaire avec l’établissement sollicité. L’organisme prêteur doit consulter le Fichier national des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers (FICP) et évaluer votre situation financière globale, incluant tous vos engagements existants. Cette analyse approfondie garantit que le cumul de plusieurs crédits ne compromette pas votre capacité de remboursement.
### Le taux d’endettement maximum de 35% imposé par le HCSF
Depuis janvier 2021, le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) a instauré une recommandation devenue quasi-contraignante : le taux d’endettement ne doit pas excéder 35% des revenus nets de l’emprunteur, assurance incluse. Cette règle s’applique rigoureusement aux crédits immobiliers et influence également l’attribution des crédits à la consommation. Concrètement, si vous remboursez déjà 800 euros mensuels pour un premier prêt et que vos revenus nets s’élèvent à 3 000 euros, votre taux d’endettement actuel atteint environ 27%. Vous disposez alors d’une marge théorique de 8 points, soit environ 240 euros supplémentaires, pour contracter un nouveau crédit. Les banques peuvent
toutefois déroger à cette limite dans une petite part de leurs dossiers, généralement pour des profils jugés très solides (revenus élevés, forte épargne, garanties importantes). Ce seuil de 35% sert donc de garde-fou : il ne vous empêche pas juridiquement de demander un deuxième crédit, mais il conditionne très largement la décision d’acceptation. Plus votre taux d’endettement actuel est proche de cette limite, plus il sera difficile de faire passer un nouveau projet sans adapter votre situation (remboursement anticipé, rachat de crédit, apport plus important).
La durée maximale de remboursement de 25 ans pour les crédits immobiliers
Outre le taux d’endettement, le HCSF encadre aussi la durée des crédits immobiliers. En règle générale, un prêt immobilier ne peut pas excéder 25 ans, avec une tolérance jusqu’à 27 ans lorsqu’il y a une phase de différé liée à un achat sur plan ou à des travaux importants. Si vous avez déjà un prêt immobilier long en cours, la banque sera donc contrainte de positionner votre second crédit dans cette enveloppe maximale de durée. Cela peut limiter sa capacité à « étaler » les mensualités pour rester sous les 35% d’endettement.
Dans les faits, plus la durée résiduelle de votre premier prêt est longue, plus le cumul de crédits peut peser sur vos charges mensuelles. Les établissements peuvent alors privilégier d’autres solutions, comme un rachat global avec allongement de durée, plutôt que de superposer un nouveau prêt immobilier complet. Gardez à l’esprit que la durée n’est pas seulement un paramètre technique : plus elle est longue, plus le coût total du crédit augmente, ce que les banques doivent aussi intégrer dans leur analyse de risque et de soutenabilité pour l’emprunteur.
Les obligations de déclaration auprès du FICP et du fichier FNCI
Le cumul de crédits est également encadré par des dispositifs de prévention du surendettement. Lors de l’étude de votre demande de deuxième crédit, la banque interroge systématiquement le Fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP). Si vous y êtes inscrit en raison d’impayés passés ou d’un dossier de surendettement en cours, l’octroi d’un nouveau prêt devient très improbable. Ce contrôle est obligatoire et permet d’éviter que de nouveaux crédits ne viennent aggraver une situation déjà fragile.
Le Fichier national des chèques irréguliers (FNCI) peut également être consulté pour vérifier qu’aucune interdiction bancaire ne pèse sur vous. Même si ce fichier ne recense pas directement les crédits, il donne une indication sur la qualité de la gestion de votre compte. Enfin, toute ouverture de nouveau crédit est elle-même susceptible d’alimenter ces fichiers en cas d’incidents graves de paiement. Vous avez donc tout intérêt à anticiper et à rester transparent avec votre conseiller sur l’ensemble de vos engagements avant de solliciter un deuxième emprunt.
L’analyse de la capacité d’endettement par les établissements bancaires
Au-delà des règles générales, chaque établissement applique sa propre grille d’analyse pour accepter ou non un deuxième crédit en cours de remboursement. Cette analyse repose sur plusieurs piliers : votre reste à vivre, l’impact du taux d’usure, la structure de vos charges récurrentes et votre profil global d’emprunteur. C’est un peu comme un puzzle : chaque pièce prise isolément ne suffit pas, mais l’ensemble donne une image claire de la solidité de votre situation financière. Comprendre ces critères vous aide à préparer un dossier cohérent et à identifier, en amont, vos marges de manœuvre.
Le calcul du reste à vivre après déduction des mensualités existantes
Le reste à vivre correspond au montant qui vous reste chaque mois après paiement de toutes vos mensualités de crédit. Concrètement, la banque additionne vos revenus stables (salaires, pensions, revenus locatifs retenus en partie…) puis soustrait les charges de prêts actuelles, y compris les éventuels leasings ou LOA. La somme restante doit permettre de couvrir vos dépenses courantes : loyer ou charges de copropriété, alimentation, transports, santé, scolarité des enfants, etc. C’est un indicateur clé lorsque vous souhaitez cumuler un deuxième crédit.
Chaque établissement dispose de seuils internes de reste à vivre minimal, souvent exprimés par personne au sein du foyer. Par exemple, une banque peut exiger un reste à vivre d’au moins 800 € pour un couple, augmenté d’une certaine somme par enfant. Vous pouvez avoir un taux d’endettement légèrement inférieur à 35% et malgré tout essuyer un refus si votre reste à vivre est jugé insuffisant. Inversement, un foyer aux revenus élevés, avec un reste à vivre confortable après deux emprunts, peut obtenir un second crédit même à la limite des 35%.
L’impact du taux d’usure sur l’acceptation d’un second prêt
Un autre paramètre, souvent méconnu du grand public, peut bloquer votre deuxième crédit : le taux d’usure. Il s’agit du taux maximal global (TAEG) auquel les banques sont autorisées à prêter, fixé chaque trimestre par la Banque de France. Ce TAEG inclut le taux nominal, l’assurance emprunteur obligatoire, les frais de dossier et, le cas échéant, les frais de garantie. Si, en tenant compte de votre profil (âge, état de santé, type d’assurance), le TAEG du nouveau prêt dépasse ce plafond, l’établissement n’a tout simplement pas le droit de vous financer.
Cela se produit fréquemment lorsque vous cumulez un premier crédit déjà assuré avec un deuxième emprunt nécessitant une assurance plus coûteuse (âge avancé, risques de santé, profession à risque…). Le poids cumulé des assurances peut faire grimper le TAEG au-delà du taux d’usure, rendant l’opération impossible, même avec un taux nominal attractif. Dans ce cas, la banque peut chercher des solutions alternatives : durée plus courte, baisse du montant emprunté, délégation d’assurance moins chère, voire regroupement de crédits pour obtenir un TAEG global plus favorable.
La prise en compte des charges récurrentes dans le ratio d’endettement
Lorsque la banque calcule votre taux d’endettement pour un deuxième crédit, elle ne se contente pas de recenser vos mensualités de prêts. Elle intègre également un certain nombre de charges récurrentes qui viennent peser sur votre budget : pensions alimentaires versées, loyers si vous êtes locataire, charges de copropriété importantes, abonnements incompressibles, voire parfois certains découverts structurels. Plus votre budget mensuel est « chargé » en dépenses fixes, plus il sera difficile de faire cohabiter plusieurs crédits.
D’où l’importance, avant de déposer une nouvelle demande, de rationaliser vos charges : résilier des crédits renouvelables inutilisés, solder de petits prêts à la consommation si possible, renégocier certains abonnements ou assurances. En diminuant vos charges fixes, vous améliorez mécaniquement votre ratio d’endettement et votre reste à vivre, ce qui renforce la perception de votre dossier par l’analyste bancaire. Vous montrez ainsi que vous maîtrisez votre budget et que le deuxième crédit ne viendra pas déstabiliser votre situation.
L’évaluation du scoring bancaire et du profil emprunteur
Enfin, au-delà des chiffres bruts, les établissements s’appuient sur un scoring bancaire pour apprécier le risque que représente votre demande de deuxième crédit. Ce score combine plusieurs variables : ancienneté dans l’emploi, type de contrat (CDI, fonctionnaire, indépendant), stabilité de domicile, historique de gestion de compte (découverts, rejets de prélèvements), niveau d’épargne disponible, et bien sûr antécédents de crédit. Deux emprunteurs avec le même taux d’endettement n’obtiendront pas forcément la même réponse si l’un présente un historique irréprochable et l’autre des incidents de paiement récents.
Vous pouvez agir sur certains de ces éléments avant de solliciter un nouveau financement. Par exemple, en évitant tout découvert dans les mois qui précèdent la demande, en alimentant régulièrement un livret d’épargne ou en regroupant vos revenus et vos prélèvements dans la même banque pour donner une vision claire de votre flux financier. L’objectif est de rassurer l’établissement : cumuler un deuxième crédit en cours de remboursement ne doit pas apparaître comme une fuite en avant, mais comme une stratégie réfléchie et soutenable dans la durée.
Les types de crédits cumulables avec un prêt en cours
Puisqu’aucune loi n’interdit le multi-emprunt, différentes combinaisons sont possibles entre crédit immobilier, prêt personnel, crédit auto, prêt travaux ou crédit renouvelable. En pratique, toutes ne présentent pas les mêmes risques ni les mêmes conditions d’acceptation. Certains montages sont classiques et plutôt bien accueillis par les banques, d’autres exigent davantage de prudence et une gestion rigoureuse de votre budget. Voyons, cas par cas, quels types de crédits peuvent être cumulés avec un emprunt déjà en cours de remboursement.
Le crédit immobilier avec un prêt personnel ou un crédit auto actif
Cumuler un crédit immobilier avec un prêt personnel ou un crédit auto est une situation très fréquente. Beaucoup de ménages continuent à rembourser leur prêt habitat tout en finançant l’achat d’un véhicule, d’un équipement coûteux ou d’un projet personnel. Les établissements de crédit acceptent généralement ce montage, à condition que votre taux d’endettement global reste raisonnable et que vos revenus soient suffisamment stables. Le prêt à la consommation étant de durée plus courte (souvent 12 à 84 mois), son impact sur votre endettement est plus temporaire.
Pour optimiser vos chances d’obtenir ce deuxième crédit, il est préférable de limiter au maximum le nombre de prêts conso en parallèle. Avoir un seul prêt auto en plus de votre prêt immobilier est plus rassurant que de cumuler plusieurs petits financements dispersés. Si votre budget est déjà serré, la banque pourra vous orienter vers un regroupement partiel (réunir anciens prêts conso + nouveau projet) ou vers une durée de remboursement plus longue pour lisser la mensualité. Là encore, l’objectif reste le même : préserver votre reste à vivre et éviter toute dérive vers le surendettement.
Le prêt travaux en complément d’un crédit habitat principal
Autre combinaison très courante : ajouter un prêt travaux à un crédit immobilier existant pour rénover votre logement ou améliorer sa performance énergétique. Selon le montant emprunté et la nature des travaux, ce financement pourra être qualifié de crédit à la consommation ou de crédit immobilier (au-delà de 75 000 € ou en cas de travaux indissociables du bien). Dans tous les cas, la banque examinera l’impact de cette nouvelle mensualité sur votre endettement global.
Un argument joue ici clairement en votre faveur : les travaux peuvent augmenter la valeur de votre bien ou réduire vos charges énergétiques, ce qui améliore, à terme, votre situation patrimoniale et votre capacité de remboursement. Certains établissements proposent d’ailleurs des prêts travaux « verts » ou des éco-prêts à taux préférentiels pour les rénovations énergétiques. Si votre projet est bien documenté (devis détaillés, éventuelles aides publiques identifiées), il sera plus simple de démontrer que ce deuxième crédit s’inscrit dans une logique d’investissement et non de consommation immédiate.
Le crédit renouvelable cumulé avec un prêt amortissable
Le cumul d’un crédit renouvelable avec un prêt amortissable (immobilier ou personnel) est techniquement possible, mais il est perçu comme plus risqué par les établissements bancaires. Le crédit renouvelable fonctionne comme une réserve d’argent que vous pouvez utiliser en continu, avec des mensualités variables et un taux d’intérêt généralement élevé. Si vous disposez déjà de plusieurs réserves actives, même partiellement utilisées, la banque sera plus prudente face à une nouvelle demande de financement.
Avant de solliciter un deuxième crédit important, il est souvent judicieux de fermer les crédits renouvelables inutilisés ou de les transformer en prêts amortissables classiques, plus lisibles et plus faciles à intégrer dans un plan de financement. Cela rassure le prêteur sur votre capacité à piloter votre endettement. En d’autres termes, mieux vaut un seul crédit personnel bien calibré que plusieurs réserves de trésorerie qui peuvent, à la longue, se transformer en « boule de neige » difficile à maîtriser.
Le rachat de crédit comme alternative au cumul de prêts
Lorsque la juxtaposition de plusieurs crédits devient trop lourde, le rachat de crédit (ou regroupement de crédits) peut constituer une alternative pertinente au simple cumul. Le principe consiste à faire racheter vos prêts en cours (immobiliers, consommation, crédits renouvelables) par un nouvel établissement qui les regroupe en un seul emprunt, avec une mensualité unique et, le plus souvent, une durée de remboursement allongée. Le taux d’endettement baisse, au prix d’un coût global souvent plus élevé, mais votre budget gagne en lisibilité.
Cette solution peut être intéressante si votre taux d’endettement actuel vous empêche d’obtenir un nouveau crédit pour un projet important (travaux, véhicule, étude des enfants). Le regroupement réduit vos mensualités, libère de la capacité d’emprunt et peut intégrer une enveloppe de trésorerie complémentaire pour financer ce nouveau besoin. Il ne faut toutefois pas la considérer comme une solution miracle à répéter indéfiniment : si vous avez recours trop souvent au rachat de crédit pour financer des dépenses non essentielles, les établissements finiront par juger votre profil risqué et refuseront de nouvelles opérations.
Les garanties et assurances exigées pour un deuxième emprunt
Demander un deuxième crédit en cours de remboursement ne se résume pas au seul calcul du taux d’endettement. Les banques s’attachent également aux garanties qui sécurisent le prêt et à l’assurance emprunteur qui couvre les risques de décès, d’invalidité ou d’incapacité. Plus vous multipliez les emprunts, plus ces mécanismes de protection doivent être pensés de manière globale pour éviter les doublons coûteux ou, à l’inverse, des zones de sous-couverture. Examinons les principales configurations.
L’assurance emprunteur et la quotité de couverture sur plusieurs crédits
Chaque crédit important, en particulier un prêt immobilier, s’accompagne en principe d’une assurance emprunteur. Quand vous cumulez deux crédits, vous pouvez donc vous retrouver avec deux contrats distincts, éventuellement souscrits auprès de deux assureurs différents. La question clé devient alors celle de la quotité, c’est-à-dire la part du capital couvert par chaque emprunteur sur chacun des prêts (100%, 50/50, 70/30, etc.). Une répartition cohérente des quotités permet de protéger efficacement le foyer tout en maîtrisant le coût global des assurances.
Par exemple, un couple qui rembourse déjà un premier prêt couvert à 100% sur la tête du conjoint ayant les revenus les plus élevés peut décider de répartir différemment la couverture sur le second crédit, en tenant compte d’éventuelles évolutions professionnelles. Grâce à la délégation d’assurance et à la possibilité de changer d’assurance en cours de prêt (loi Lemoine), vous pouvez aussi renégocier vos contrats pour réduire leur coût, ce qui peut faire la différence pour rester en dessous du taux d’usure et faire accepter un deuxième emprunt.
Les garanties hypothécaires et le privilège de prêteur de deniers
Pour sécuriser un prêt immobilier ou un rachat de crédits incluant une part majoritaire de prêts immobiliers, la banque exige en général une garantie réelle sur un bien : hypothèque classique ou privilège de prêteur de deniers (PPD). Lorsque vous sollicitez un deuxième crédit, la question se pose de savoir sur quel bien sera prise la garantie (résidence principale, investissement locatif, nouveau bien financé) et si la valeur disponible permet encore de couvrir un nouvel emprunt.
Si votre bien est déjà lourdement hypothéqué pour le premier crédit, la marge de manœuvre peut être limitée pour un second prêt important. Il est parfois possible de mettre en place une hypothèque de second rang, mais les banques sont alors plus prudentes, car elles passent après le premier créancier en cas de vente forcée. Là encore, une solution peut consister à regrouper les dettes existantes dans un seul financement adossé à une garantie unique, plutôt que de multiplier les inscriptions hypothécaires et les frais de notaire qui y sont associés.
Le cautionnement par organisme spécialisé type crédit logement
En alternative à l’hypothèque, de nombreux établissements recourent à la caution d’un organisme spécialisé, comme Crédit Logement ou une société de cautionnement interne au groupe bancaire. Ce système évite de grever le bien d’une inscription hypothécaire et peut simplifier la revente. Lorsque vous demandez un deuxième crédit, la question se pose de savoir si la même société de caution peut intervenir à nouveau et dans quelles limites de montant.
L’organisme de caution réalise sa propre analyse de risque, indépendante de celle de la banque, en tenant compte de votre endettement total, de vos revenus et de votre patrimoine. Si votre situation reste saine, il pourra accepter de garantir un deuxième prêt, parfois avec des conditions financières plus avantageuses grâce à la mutualisation du risque entre emprunteurs. À l’inverse, si votre profil se dégrade (hausse du taux d’endettement, incidents récents), l’organisme peut refuser la caution, obligeant la banque à exiger une hypothèque ou à revoir à la baisse le montant prêté.
Les stratégies d’optimisation pour obtenir un second crédit
Si votre taux d’endettement frôle déjà les 35% ou si votre reste à vivre est limité, cela ne signifie pas pour autant que tout deuxième crédit est impossible. Plusieurs leviers peuvent être actionnés pour rendre votre projet plus acceptable aux yeux de la banque : jouer sur le capital restant dû, renégocier le taux du premier crédit, moduler les échéances… On peut comparer cela à un réglage de paramètres avant de lancer une nouvelle application gourmande sur un ordinateur : il s’agit de libérer suffisamment de ressources pour que tout fonctionne sans bug.
Le remboursement anticipé partiel du premier prêt pour réduire l’endettement
Si vous disposez d’une épargne disponible (livrets, assurance-vie, prime exceptionnelle), réaliser un remboursement anticipé partiel sur votre premier crédit peut être une excellente stratégie. En réduisant le capital restant dû, vous diminuez mécaniquement la mensualité de ce prêt, ce qui fait baisser votre taux d’endettement global. La marge ainsi gagnée peut alors être utilisée pour absorber la mensualité du deuxième crédit envisagé, sans dépasser les 35% recommandés.
Avant d’agir, il faut toutefois vérifier l’existence d’éventuelles indemnités de remboursement anticipé (IRA) dans votre contrat. Sur un prêt immobilier, ces pénalités sont encadrées, mais elles peuvent réduire l’intérêt de l’opération si le montant remboursé est faible. C’est un calcul à réaliser avec précision, éventuellement avec l’aide de votre conseiller ou d’un courtier : le gain en capacité d’emprunt doit être supérieur au coût ponctuel des IRA et au manque à gagner lié à la mobilisation de votre épargne.
La renégociation du taux d’intérêt du crédit existant
Autre levier : la renégociation du taux d’intérêt de votre crédit en cours. Si les taux du marché ont baissé depuis votre première souscription, il peut être opportun de solliciter votre banque pour obtenir un taux plus favorable, ou de faire racheter ce crédit par un autre établissement. Une baisse de taux, à durée constante, réduit votre mensualité et donc votre taux d’endettement. Vous vous donnez ainsi plus de marge pour intégrer un deuxième crédit sans fragiliser votre budget.
Cette stratégie est particulièrement pertinente pour les prêts immobiliers à long terme, pour lesquels une différence de quelques dixièmes de points peut représenter des dizaines d’euros par mois. Attention cependant : un rachat de crédit implique des frais (IRA, frais de dossier, garantie), qu’il faut mettre en regard du gain obtenu. Là encore, l’objectif n’est pas seulement d’économiser sur le coût total du crédit, mais aussi de rendre possible, dans de bonnes conditions, un nouveau projet de financement.
La modulation des échéances pour améliorer le reste à vivre
Beaucoup de contrats de prêt immobilier prévoient une option de modulation des échéances, à la hausse comme à la baisse, dans une certaine limite et à des dates prédéfinies. Si vous anticipez la demande d’un deuxième crédit, vous pouvez demander une baisse temporaire de la mensualité de votre premier prêt, ce qui allongera sa durée résiduelle, mais libérera du reste à vivre à court et moyen terme. Ce « rééquilibrage » des flux peut rendre votre dossier plus acceptable pour la banque qui étudiera le nouveau financement.
La modulation doit néanmoins être utilisée avec discernement. Allonger excessivement la durée de votre premier prêt peut augmenter sensiblement son coût global. L’idéal est donc de viser un compromis : réduire suffisamment la mensualité pour absorber le second crédit, tout en conservant une durée totale raisonnable. Il peut être utile de simuler plusieurs scénarios de modulation pour visualiser l’impact sur votre budget et sur votre endettement à différents horizons de temps.
Les alternatives au cumul de crédits traditionnels
Dans certains cas, malgré tous les ajustements possibles, la superposition de plusieurs crédits amortissables n’est pas la meilleure solution. Il existe alors des alternatives qui permettent de financer un nouveau projet tout en limitant l’impact immédiat sur votre budget mensuel : prêt relais, crédit in fine, dispositifs d’aide publique… Ces montages répondent à des logiques spécifiques et peuvent, lorsqu’ils sont bien utilisés, offrir un compromis intéressant entre trésorerie disponible et sécurité financière.
Le prêt relais immobilier pour les projets de revente
Si votre projet de deuxième credit concerne l’achat d’un nouveau logement alors que vous êtes encore propriétaire de l’actuel, le prêt relais peut être une solution pertinente. Plutôt que de cumuler durablement deux prêts immobiliers, il s’agit d’un crédit de courte durée (12 à 24 mois en général) destiné à faire l’« avance » sur le prix de vente futur de votre bien actuel. La banque finance une partie de cette valeur estimée, souvent entre 60 et 70%, ce qui vous permet d’acheter avant d’avoir vendu.
Pendant la durée du prêt relais, vous ne remboursez que les intérêts (intérêts intercalaires) et éventuellement l’assurance, ce qui limite l’augmentation temporaire de vos charges mensuelles. Une fois le bien vendu, le produit de la vente sert à rembourser le prêt relais et, le cas échéant, à réduire le montant du nouveau prêt immobilier à long terme. Ce montage évite de supporter, sur une longue période, deux mensualités de crédits lourdes, tout en vous laissant la flexibilité nécessaire pour trouver acquéreur au bon prix.
Le crédit in fine avec remboursement du capital en une seule fois
Pour certains profils d’investisseurs, notamment en immobilier locatif, le crédit in fine peut constituer une alternative au prêt amortissable classique, en particulier lorsqu’il existe déjà un premier crédit en cours. Avec ce type de financement, vous ne remboursez que les intérêts et l’assurance pendant toute la durée du prêt, le capital étant soldé en une seule fois à l’échéance, généralement grâce à un produit d’épargne dédié (assurance-vie, portefeuille titres…). Les mensualités sont donc plus faibles, ce qui limite l’impact sur votre taux d’endettement.
En contrepartie, le coût total des intérêts est plus élevé et ce montage suppose une discipline d’épargne stricte pour constituer le capital nécessaire à terme. Le crédit in fine s’adresse donc à des emprunteurs avertis, disposant déjà d’un patrimoine financier ou capables de le constituer régulièrement. Utilisé à bon escient, il peut permettre de cumuler un deuxième crédit tout en optimisant la fiscalité des revenus fonciers et en préservant votre trésorerie mensuelle.
Les dispositifs d’aide publique : PTZ, prêt action logement et PAS
Enfin, selon la nature de votre projet et votre situation, vous pouvez bénéficier de prêts aidés qui viennent compléter un financement principal sans alourdir excessivement votre budget. Le prêt à taux zéro (PTZ), réservé aux primo-accédants sous conditions de ressources, peut par exemple être cumulé avec un prêt immobilier classique pour financer l’achat de votre résidence principale. Sa particularité : il ne génère pas d’intérêts et son remboursement peut être différé, ce qui limite son impact immédiat sur votre taux d’endettement apparent.
D’autres dispositifs, comme le prêt Action Logement pour les salariés d’entreprises contributrices ou le prêt d’accession sociale (PAS), peuvent également venir alléger le coût global du financement. Même s’ils ne permettent pas de contourner la règle des 35%, ils améliorent l’équation en offrant des taux avantageux et des conditions de remboursement adaptées aux revenus modestes ou moyens. En combinant intelligemment ces aides avec un prêt principal bien négocié, il devient souvent possible de concrétiser un projet additionnel sans prendre de risques excessifs, même lorsqu’un premier crédit est encore en cours de remboursement.



