# Panorama des garanties incluses dans une assurance de prêt immobilier
L’acquisition d’un bien immobilier représente souvent l’investissement d’une vie. Pour sécuriser cet engagement financier sur plusieurs décennies, l’assurance emprunteur constitue un dispositif incontournable. Ce mécanisme protecteur intervient lorsque des aléas de santé ou professionnels compromettent votre capacité de remboursement. Comprendre précisément chaque garantie devient ainsi essentiel pour évaluer l’étendue réelle de votre couverture. Les différences entre les contrats peuvent s’avérer considérables, tant sur les conditions d’activation que sur les montants indemnisés. Une analyse approfondie des garanties vous permettra d’identifier le contrat optimal, adapté à votre profil et à vos besoins spécifiques.
Garantie décès : couverture obligatoire et modalités de versement du capital restant dû
La garantie décès forme le socle minimal exigé par tous les établissements bancaires lors de l’octroi d’un crédit immobilier. Cette protection fondamentale assure le remboursement du capital restant dû à l’organisme prêteur en cas de disparition de l’emprunteur. L’assureur verse directement à la banque le montant correspondant à la dette résiduelle, libérant ainsi les héritiers de cette obligation financière. Cette garantie protège votre patrimoine familial et préserve vos proches d’une charge économique potentiellement insoutenable. Le versement s’effectue selon la quotité d’assurance souscrite, qui détermine la proportion du prêt couverte pour chaque co-emprunteur.
Conditions d’activation de la garantie décès toutes causes
L’activation de cette garantie intervient automatiquement dès la survenue du décès, quelle qu’en soit la cause, sous réserve des exclusions contractuelles. Vos bénéficiaires doivent transmettre à l’assureur un certificat de décès ainsi que les documents justifiant les circonstances du sinistre. L’assureur dispose ensuite d’un délai légal pour instruire le dossier et procéder au règlement. La rapidité de traitement varie selon les compagnies, certaines proposant des procédures accélérées pour soulager les familles endeuillées. La transparence des informations fournies lors de la souscription conditionne directement l’efficacité de cette prise en charge.
Exclusions légales : suicide première année et sports à risque
Le cadre réglementaire impose certaines limites à la couverture décès. Le suicide n’est généralement pas indemnisé durant la première année suivant la signature du contrat, sauf exception pour les prêts de résidence principale supérieurs à 120 000 euros. Les décès résultant de la pratique de sports extrêmes non déclarés constituent également une exclusion fréquente. Parachutisme, plongée sous-marine profonde, alpinisme ou sports mécaniques nécessitent souvent une surprime spécifique. Dissimuler ces pratiques lors de la souscription expose à un refus d’indemnisation ultérieur. Les décès liés à des actes criminels ou à la consommation de substances illicites peuvent également être exclus selon les contrats.
Quotité d’assurance et répartition en cas de co-emprunteurs
La quotité représente le pourcentage du capital emprunté couvert par l’assurance pour chaque emprunteur. Dans un emprunt à deux, plusieurs configurations s’avèrent possibles : 50/50, 70/30 ou même 100/100. Une répartition équitable à 50% sur chaque tête signifie qu’en cas de décès d’un
des deux co-emprunteurs, seule la moitié du capital restant dû sera effacée par l’assurance, l’autre devant continuer à être remboursée par le survivant. Un couple aux revenus très déséquilibrés privilégiera souvent une quotité à 70/30 ou 80/20, afin de mieux couvrir celui qui supporte la part la plus importante du remboursement. La couverture à 100/100, plus coûteuse, offre la protection maximale : en cas de décès de l’un ou l’autre, la totalité du prêt est soldée. Le choix de la quotité d’assurance doit toujours être mis en regard de votre capacité réelle à assumer seul les mensualités. N’hésitez pas à simuler plusieurs scénarios avec votre conseiller pour mesurer l’impact financier de chaque configuration.
Délai de carence et franchise dans les contrats groupe vs délégation
Pour la garantie décès, la plupart des contrats d’assurance de prêt immobilier ne prévoient pas de délai de carence, sauf pour certains risques spécifiques comme le suicide ou des pathologies préexistantes mal déclarées. En revanche, un délai de carence peut exister pour des garanties annexes ou optionnelles, notamment en cas de décès lié à une maladie survenue très rapidement après la souscription. Les contrats groupe proposés par les banques affichent des conditions souvent standardisées, avec des délais et exclusions identiques pour l’ensemble des emprunteurs. Les contrats en délégation d’assurance, eux, peuvent offrir davantage de souplesse, avec parfois une suppression de la carence moyennant une légère majoration de la prime.
La notion de franchise concerne plutôt les garanties d’incapacité et d’invalidité que la garantie décès, mais certains assureurs peuvent prévoir un délai minimum avant de verser le capital, notamment en cas de décès par maladie dans les tout premiers mois du contrat. Cette période permet à l’assureur de vérifier l’absence de fausse déclaration médicale. Comparer les délais de carence et de franchise entre un contrat groupe et une assurance externe est un réflexe essentiel pour apprécier la qualité réelle de la protection décès. Une prime légèrement plus élevée peut se justifier si elle s’accompagne de délais plus courts et de moins d’exclusions.
Garantie PTIA : perte totale et irréversible d’autonomie
La garantie PTIA (Perte Totale et Irréversible d’Autonomie) complète presque systématiquement la garantie décès dans une assurance de prêt immobilier. Elle intervient lorsque l’assuré est encore en vie, mais dans un état de dépendance tel qu’il ne peut plus exercer d’activité rémunérée ni accomplir seul les actes essentiels de la vie courante. Dans ce cas, l’assureur rembourse à la banque le capital restant dû, comme en cas de décès. Cette garantie est généralement acquise jusqu’à un âge plafond, souvent situé entre 65 et 70 ans, au-delà duquel elle cesse de produire effet.
Définition du taux d’incapacité fonctionnelle à 100% selon le barème AIPP
Pour caractériser une perte totale et irréversible d’autonomie, les assureurs se réfèrent en pratique à un taux d’incapacité fonctionnelle de 100 %, déterminé à partir d’un barème médical, souvent proche du barème AIPP (Atteinte à l’Intégrité Physique et Psychique). Ce barème liste différentes atteintes (amputations, paralysies, troubles sensoriels…) et leur attribue un pourcentage d’incapacité. Dans le cadre de la PTIA, l’assuré doit être reconnu comme définitivement inapte à toute activité professionnelle, mais aussi présenter une atteinte globale qui l’empêche de vivre sans assistance. On peut comparer ce barème à une « grille de notation » médicale, où chaque séquelle contribue à fixer un score d’incapacité globale.
La reconnaissance de la PTIA intervient après consolidation de l’état de santé, c’est-à-dire lorsque les médecins estiment que la situation ne s’améliorera plus de manière significative. Un médecin expert mandaté par l’assureur procède alors à l’évaluation, en s’appuyant sur le dossier médical et, le cas échéant, sur les décisions prises par la Sécurité sociale (catégories d’invalidité). Toutefois, le jugement de l’assureur n’est pas automatiquement calqué sur celui des organismes sociaux. D’où l’importance, pour l’emprunteur, de bien conserver tous les justificatifs médicaux et décisions administratives.
Nécessité d’assistance pour les actes ordinaires de la vie quotidienne
Un critère central de la PTIA réside dans l’obligation de recourir à l’aide d’une tierce personne pour accomplir les actes ordinaires de la vie quotidienne. Selon les contrats, ces actes incluent généralement le fait de se laver, s’habiller, se nourrir, se déplacer et parfois se transférer (passer du lit au fauteuil, par exemple). L’assuré doit être dans l’incapacité de réaliser seul un nombre donné de ces actes, souvent au moins trois sur cinq, pour que la garantie s’applique. En pratique, l’assureur cherche à savoir si la personne peut vivre seule au quotidien sans assistance permanente.
Cette exigence distingue nettement la PTIA d’une simple invalidité professionnelle, qui peut empêcher de travailler sans pour autant rendre l’assuré dépendant dans sa vie personnelle. Concrètement, une personne paraplégique capable d’utiliser un fauteuil roulant de manière autonome ne sera pas systématiquement reconnue en PTIA, même si son invalidité professionnelle est totale. Là encore, chaque contrat d’assurance de prêt immobilier peut affiner cette définition, ce qui justifie de lire attentivement la notice d’information et les conditions générales.
Différences entre invalidité absolue et définitive selon les assureurs
Certains contrats parlent d’« invalidité absolue et définitive » pour désigner la PTIA, mais la portée exacte de cette expression varie d’un assureur à l’autre. Pour certains, l’invalidité doit être à la fois fonctionnelle (ne plus pouvoir effectuer les actes essentiels de la vie) et professionnelle (ne plus pouvoir exercer aucune activité rémunérée). Pour d’autres, la référence principale reste la nécessité d’une aide tierce, l’incapacité de travailler n’étant qu’un critère complémentaire. Comme pour un contrat de travail, les mots utilisés semblent proches d’une compagnie à l’autre, mais les implications pratiques peuvent être très différentes.
Les modalités de reconnaissance de cette invalidité absolue et définitive peuvent également diverger. Certains assureurs exigent, en plus du constat médical, la perception d’une pension d’invalidité de 3ᵉ catégorie versée par le régime obligatoire de Sécurité sociale. D’autres se fondent uniquement sur leur expertise interne. En cas de désaccord sur la qualification de la PTIA, la plupart des contrats prévoient une procédure d’expertise contradictoire, voire le recours à un troisième médecin arbitre. Il est donc prudent, avant de signer une assurance emprunteur, de comparer précisément les définitions utilisées et les conditions de déclenchement de cette garantie clé.
Garanties IPT et IPP : invalidité partielle ou totale
Au-delà de la PTIA, qui couvre des situations de dépendance lourde, les garanties d’invalidité permanente totale (IPT) et d’invalidité permanente partielle (IPP) visent à protéger l’emprunteur lorsqu’un accident ou une maladie réduit durablement sa capacité de travail sans entraîner une perte totale d’autonomie. Dans ces hypothèses, l’assurance de prêt immobilier ne solde pas forcément l’intégralité du capital, mais prend en charge tout ou partie des mensualités de crédit pendant une période déterminée ou jusqu’au terme du prêt, selon les contrats. Ces garanties constituent un enjeu majeur pour les emprunteurs actifs, dont le revenu professionnel est la principale source de remboursement.
Seuil d’invalidité permanente totale fixé à 66% du taux d’incapacité
La garantie IPT est généralement déclenchée lorsque le taux d’invalidité globale de l’assuré est au moins égal à 66 %. Ce taux correspond à une incapacité jugée suffisamment sévère pour empêcher l’exercice de toute activité professionnelle, ou de l’activité exercée avant le sinistre, selon la définition retenue dans le contrat. Certains assureurs se réfèrent explicitement aux catégories d’invalidité de la Sécurité sociale, mais ils appliquent en parallèle leur propre barème d’évaluation. On peut voir ce seuil de 66 % comme une ligne de démarcation entre une invalidité encore compatible avec une activité réduite et une inaptitude quasi totale au travail.
Une fois l’IPT reconnue, l’assureur prend en charge les échéances de prêt au prorata de la quotité assurée, parfois jusqu’à un âge limite (65 ou 67 ans, par exemple). Selon la formule choisie, cette prise en charge peut être immédiate ou intervenir après un délai de franchise. L’emprunteur doit donc s’assurer que ce seuil de 66 % et les modalités d’appréciation de l’invalidité correspondent bien à sa situation professionnelle et à ses besoins de protection.
Calcul de l’invalidité permanente partielle entre 33% et 66%
La garantie IPP s’applique lorsque le taux d’invalidité de l’assuré se situe dans une fourchette intermédiaire, généralement entre 33 % et 66 %. Dans cette zone, l’emprunteur est jugé durablement diminué, mais pas au point d’être totalement inapte à toute activité. Concrètement, il peut parfois reprendre un emploi à temps partiel, changer de métier ou adapter son poste avec des aménagements. L’assureur va alors déterminer la part de mensualité à prendre en charge, proportionnelle au taux d’invalidité ou à la perte de revenus réelle.
Certains contrats d’assurance de prêt immobilier prévoient un fonctionnement par paliers : au-dessus d’un certain seuil (par exemple 50 %), la prise en charge devient plus importante, voire assimilée à une IPT. D’autres appliquent un mode strictement proportionnel. Pour un emprunteur, la différence revient à choisir entre une « marche » bien marquée et une « pente douce » dans le niveau de remboursement. La garantie IPP n’est pas toujours incluse d’office : elle doit parfois être souscrite en option, en complément de l’IPT, ce qui influe bien sûr sur le coût de l’assurance.
Évaluation croisée : taux professionnel et taux fonctionnel
Pour fixer le taux d’invalidité servant de base à l’IPT ou l’IPP, les assureurs croisent généralement deux notions : le taux fonctionnel et le taux professionnel. Le taux fonctionnel mesure l’atteinte à l’intégrité physique ou psychique de la personne dans sa vie quotidienne (mobilité, sens, douleurs chroniques, etc.). Le taux professionnel apprécie, lui, l’incidence de cette atteinte sur la capacité à exercer sa profession habituelle ou toute profession. Ainsi, une même blessure à la main n’aura pas la même conséquence pour un pianiste que pour un travailleur de bureau.
La plupart des contrats détaillent la pondération de ces deux composantes. Par exemple, le taux professionnel peut être majoritaire pour les métiers manuels ou techniques, tandis que le taux fonctionnel l’emporte pour des activités moins physiques. Comprendre cette mécanique d’évaluation croisée permet de mieux anticiper la façon dont votre propre métier sera pris en compte en cas de sinistre. N’hésitez pas à interroger l’assureur sur le barème utilisé, surtout si vous exercez une profession à forte composante physique ou nécessitant des aptitudes particulières (artisans, soignants, artistes, etc.).
Prise en charge indemnitaire ou forfaitaire selon le contrat
Les garanties IPT et IPP peuvent fonctionner selon deux grands modes d’indemnisation : indemnitaire ou forfaitaire. En mode indemnitaire, l’assureur compense la perte de revenus réellement subie, dans la limite du montant des mensualités de crédit, en tenant compte des autres prestations que vous percevez (pension d’invalidité, rente de prévoyance, etc.). En mode forfaitaire, l’assureur verse tout simplement la mensualité assurée, sans vérifier vos revenus actuels : dès lors que l’invalidité est reconnue au taux prévu, la prise en charge est automatique.
Le mode forfaitaire offre une meilleure lisibilité et évite les mauvaises surprises liées aux calculs de « reste à charge » après déduction d’autres prestations. Il est particulièrement intéressant pour les emprunteurs dont les revenus peuvent fluctuer (indépendants, professions libérales) ou qui bénéficient déjà de garanties de prévoyance élevées. Le mode indemnitaire peut, de son côté, permettre de contenir le coût de l’assurance de prêt immobilier, mais au prix d’une protection potentiellement moins généreuse. Avant de signer, demandez clairement à votre interlocuteur quel est le mode d’indemnisation retenu pour chaque garantie.
Garantie ITT : incapacité temporaire totale de travail
La garantie ITT (Incapacité Temporaire Totale de travail) couvre les périodes d’arrêt de travail consécutives à une maladie ou un accident, lorsque vous êtes dans l’impossibilité totale d’exercer votre activité professionnelle. Contrairement à l’invalidité permanente, l’ITT vise une situation censée être transitoire, même si elle peut durer plusieurs mois, voire plus d’un an. Pendant cette période, l’assureur prend en charge tout ou partie de vos mensualités de crédit, après application d’un délai de franchise et dans les limites prévues au contrat.
Délai de franchise standard de 90 jours et options de réduction
La plupart des contrats d’assurance emprunteur prévoient un délai de franchise en ITT, souvent de 90 jours, pendant lequel aucune indemnisation n’est versée. Ce délai commence à courir à partir du premier jour d’arrêt de travail reconnu. L’objectif est de réserver la prise en charge aux situations d’incapacité prolongées, et d’éviter la gestion de sinistres de très courte durée. Certains assureurs proposent des franchises réduites à 30 ou 60 jours, moyennant une cotisation légèrement plus élevée.
Le choix de la durée de franchise revient à arbitrer entre le coût de l’assurance et votre capacité à absorber quelques mois de mensualités sans aide. On peut le comparer à une « zone de turbulences » que vous acceptez de traverser seul avant que l’assureur ne prenne le relais. Si vous disposez d’une bonne prévoyance d’entreprise ou d’importantes économies, une franchise de 90 jours peut rester acceptable. À l’inverse, si chaque mois de revenu compte, il sera plus prudent d’opter pour une franchise courte, quitte à payer un peu plus cher.
Distinction entre arrêt maladie et incapacité selon l’assureur
Un point souvent mal compris est la différence entre arrêt de travail prescrit par le médecin traitant et incapacité au sens du contrat d’assurance. Un arrêt maladie, même indemnisé par la Sécurité sociale, n’ouvre pas automatiquement droit à la garantie ITT. L’assureur vérifie si les conditions contractuelles sont remplies : impossibilité totale d’exercer l’activité déclarée, respect de la franchise, absence d’exclusion (sport à risque, pathologie non couverte, etc.). En d’autres termes, vous pouvez être en arrêt maladie sans être considéré en incapacité assurantielle.
Cette distinction prend une importance particulière pour certaines pathologies, comme les troubles psychiques ou les douleurs dorsales, qui font fréquemment l’objet de restrictions ou de limitations de prise en charge. Avant de vous engager, il est judicieux de vous demander : dans quelles situations concrètes mon arrêt de travail serait-il réellement indemnisé ? Le simple fait de consulter les clauses relatives à l’ITT dans plusieurs contrats vous montrera à quel point les approches peuvent diverger d’un assureur à l’autre.
Durée maximale d’indemnisation et renouvellement de la garantie
La garantie ITT n’est pas illimitée dans le temps. La plupart des contrats plafonnent la durée d’indemnisation à 1 095 jours (soit trois ans) par sinistre, au-delà desquels la situation doit être requalifiée en invalidité permanente (IPT ou IPP) ou prendre fin si l’assuré reprend son activité. Certains contrats limitent également le nombre de sinistres pris en charge sur l’ensemble de la durée du prêt, ou prévoient des périodes de « rechargement » après un retour au travail.
Par ailleurs, la garantie ITT cesse souvent de s’appliquer au-delà d’un certain âge (par exemple 65 ans) même si le prêt court toujours, ce qui peut représenter un enjeu pour les emprunts longs ou les projets tardifs. Il est donc essentiel de vérifier la durée maximale de couverture ITT et son âge de sortie, surtout si votre prêt se prolonge après l’âge légal de la retraite. Là encore, les contrats en délégation d’assurance offrent parfois des limites plus élevées ou des conditions plus souples.
Garanties optionnelles : perte d’emploi et maladies non objectivables
En complément du socle de garanties décès, PTIA, ITT, IPT et éventuellement IPP, certaines assurances de prêt immobilier proposent des options destinées à renforcer encore votre protection. Parmi les plus fréquentes figurent la garantie perte d’emploi, qui couvre une partie des mensualités en cas de licenciement, et les garanties spécifiquement dédiées aux maladies non objectivables (MNO), comme certaines pathologies psychiques ou dorsales. Ces options ne sont pas toujours exigées par les banques, mais elles peuvent se révéler précieuses dans certains contextes professionnels ou médicaux.
Assurance chômage avec conditions d’ancienneté en CDI
La garantie perte d’emploi, souvent appelée « assurance chômage » dans le langage courant, s’adresse en principe aux salariés en contrat à durée indéterminée (CDI). Pour être éligible, l’assuré doit généralement justifier d’une ancienneté minimale chez son employeur (souvent 6 à 12 mois) et être licencié de manière involontaire, hors période d’essai. Les fins de CDD, démissions, ruptures conventionnelles ou licenciements pour faute grave sont le plus souvent exclues.
En cas de sinistre, l’assureur prend en charge une partie des mensualités du prêt, pendant une durée limitée (par exemple 12 à 24 mois), avec parfois un plafond global sur toute la durée du contrat. Un délai de carence est presque toujours prévu entre la souscription et la possibilité d’activation (souvent 6 à 12 mois), ainsi qu’une franchise après le début du chômage avant le premier remboursement. Compte tenu de ces nombreuses conditions, il est essentiel de vérifier si cette garantie correspond réellement à votre situation et à votre secteur d’activité. Son coût peut en effet être significatif, pour une probabilité de mise en jeu parfois réduite.
Couverture des affections dorsales et troubles psychiques : garantie dos-psy
Les pathologies du dos (lombalgies, hernies discales sans chirurgie) et les troubles psychiques (dépressions, burn-out, troubles anxieux) sont parmi les motifs d’arrêt de travail les plus fréquents en France. Pourtant, beaucoup de contrats d’assurance emprunteur les excluent partiellement, ou ne les indemnisent qu’en cas d’hospitalisation ou d’intervention chirurgicale. Pour pallier cette lacune, certains assureurs proposent une option dite « dos-psy » ou « pathologies non objectivables » qui étend la couverture ITT et invalidité à ces affections.
Concrètement, cette option permet une prise en charge des arrêts de travail liés à ces pathologies dans les mêmes conditions que pour les autres maladies, sans exiger de critère supplémentaire (durée d’hospitalisation, chirurgie, etc.). Cette extension peut être particulièrement pertinente si vous travaillez dans un environnement à forte pression psychologique, ou si vous présentez des antécédents dorsaux déjà pris en compte dans votre dossier médical. Comme toujours, il convient de mettre en balance le surcoût de la garantie et le risque réel encouru au regard de votre métier et de votre état de santé.
Extension MNO pour maladies non objectivables selon convention AERAS
Les maladies non objectivables (MNO) regroupent des affections dont le diagnostic repose largement sur le ressenti du patient, avec peu de preuves « visibles » à l’imagerie ou aux examens biologiques. Outre les troubles psychiques et certaines lombalgies, on y trouve par exemple des syndromes douloureux chroniques ou des états de fatigue invalidante. Ces pathologies sont parfois exclues ou strictement encadrées dans les contrats d’assurance de prêt immobilier, en raison de la difficulté d’évaluation médicale et du risque de contentieux.
Dans le cadre de la convention AERAS (« S’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé »), des dispositifs ont été mis en place pour faciliter l’accès à l’assurance des personnes présentant un risque de santé particulier, y compris en cas de MNO. Certains assureurs proposent ainsi des extensions spécifiques, parfois assorties de surprimes ou d’exclusions partielles, mais permettant au moins une couverture minimale. Si vous êtes concerné par ce type de pathologie, il est recommandé de vous faire accompagner par un courtier ou une association de patients pour négocier les meilleures conditions possibles. L’objectif est de trouver un équilibre entre acceptation du risque par l’assureur et niveau de protection suffisant pour sécuriser votre projet immobilier.
Convention AERAS et droit à l’oubli pour les pathologies lourdes
La convention AERAS occupe une place centrale dans le paysage de l’assurance emprunteur pour les personnes ayant connu une pathologie lourde, comme un cancer ou certaines maladies chroniques graves. Signée entre l’État, les fédérations professionnelles de la banque et de l’assurance, et les associations de malades, elle vise à faciliter l’accès au crédit en encadrant les pratiques d’acceptation, les surprimes et les exclusions. Elle s’applique lorsque le risque de santé est jugé aggravé et que la demande d’assurance dépasse certains seuils de montant et de durée.
Un dispositif phare de cette convention est le « droit à l’oubli ». Il permet à une personne anciennement atteinte d’un cancer ou, depuis 2022, de certaines hépatites virales, de ne plus déclarer cette maladie dans son questionnaire de santé après un délai maximal de 5 ans suivant la fin du protocole thérapeutique, en l’absence de rechute. Autrement dit, passé ce délai, cette pathologie est juridiquement considérée comme n’ayant jamais existé pour l’assureur. Ce droit à l’oubli est un progrès majeur pour des milliers d’emprunteurs qui se voyaient jusque-là appliquer de lourdes surprimes, voire refuser leur assurance.
La convention AERAS prévoit également des grilles de référence listant certaines pathologies et les conditions de tarification ou d’acceptation standardisées (taux maximum de surprime, exclusions limitées, etc.). Ces grilles sont régulièrement mises à jour pour tenir compte des progrès médicaux et de l’amélioration du pronostic de nombreuses maladies. Si, malgré ce cadre, votre demande d’assurance de prêt immobilier est refusée ou assortie de conditions que vous jugez excessives, vous pouvez solliciter un réexamen à un niveau supérieur prévu par la convention, voire saisir le médiateur compétent.
Pour les emprunteurs concernés, l’enjeu est double : obtenir une assurance conforme aux exigences de la banque, tout en évitant une surenchère de surprimes qui rendrait le crédit inabordable. Dans ce contexte, bien connaître vos droits AERAS et le droit à l’oubli, et vous entourer de conseils spécialisés, peut faire toute la différence entre un projet immobilier réalisable et un financement compromis. En combinant ces dispositifs avec une comparaison fine des contrats et des garanties, vous mettez toutes les chances de votre côté pour sécuriser votre prêt tout en maîtrisant le coût de votre assurance emprunteur.



